Jeudi 20 novembre par Gaëtane

Veuillez pardonner le retard de ces nouvelles qui seront parmi les dernières (mais pas encore les dernières ;)) sur ce blog. Le retour en France, assez fatigant, a vite fait suite au début de nos stages respectifs. On fera vite cette fois, promis, et le dernier jour sera encore plein de surprises ;).

 

Nous sommes le jeudi qui précède notre départ et hier soir Marguerite avait promis aux sœurs que l’on mettrait notre sari pour notre dernière journée complète ici à HD Kote (déjà…) et s’était retrouvée à parier avec Grand’Ma (S. Concepta), qu’elle serait à 7h15 dans le hall du couvent en sari ! :) De mon côté, je n’avais pas le courage d’avancer l’heure de mon réveil, surtout que j’avais à travailler encore hier soir sur le contenu du dernier cours qu’on allait donner, pour qu’il soit mieux adapté en terme de difficulté que le tout premier cours, mais j’allais aller enfiler mon sari une fois le cours donné, ne vous inquiétez pas. ;) Mais Maguie, elle, s’est levée, a mis son sari toute seule (trop forte !) mais n’a malheureusement pas croisé sister Concepta au couvent pour lui montrer qu’elle avait tenu sa parole ! Je l’ai rejointe vers 7h30, alors qu’elle était en train de parfaire sa tenue avec l’aide de sister Seena, dans une pièce avec un grand miroir…

Après avoir déjeûné tranquillement nous sommes allées donner la dernière leçon de notre programme au premier groupe d’étudiantes et d’infirmières entre 8 et 9h. Le cours portait sur une pathologie fréquente chez les femmes enceintes indiennes : la pré-éclampsie (sa préparation m’avait du reste permis de réviser un cours ce cours qui me servira beaucoup au cours de mon prochain stage en France). Au final, le cours s’est bien passé, mieux que le tout premier car le nombre de diapos était plus adapté. Sister Rufina, en charge des étudiantes a fait la traduction (+ ses nombreuses explications qui débordent un peu le cours mais il vaut mieux ça que rien pour les étudiantes qui comprennent difficilement l’anglais ;) ).

Après cela, je suis donc aller enfiler mon sari avec la précieuse aide de Marguerite, désormais spécialiste en pliage de saris (il faut faire de nombreux petits plis au niveau de l’épaule puis d’autres au niveau de la taille ; le tissu mesure 5 à 6 m !). Ainsi vêtues nous sommes rendues en salle de travail pour voir s’il y avait du travail pour nous, où Sonya et Marie nous avaient précédées. Il y allait y avoir une césarienne à laquelle Sonya a demandé d’assister, mais rien d’autre pour le moment alors nous sommes simplement restées discutées un petit peu avec elles et les étudiantes avant de rentrer. On a encore eu le droit aux adorables « super ! » des étudiantes… :)

Une fois rentrées, comme Marguerite a été un tout petit peu malade cette nuit, elle profite du temps que l’on a pour se reposer un peu. Quant à moi je fais un peu plus connaissance avec Marie avec qui on parle de tout et de rien, des études, de son master en neurosciences tout en voyant ensemble les résultats de l’étude qu’on a menée avec Maguie (les biais qu’elle contient, ce qui pourrait être intéressant pour elles de trouver comme autres informations qui éclaireraient les résultats de l’étude, du type les examens biologiques prescrits par pathologies…)

Avec tout cela la matinée est vite passée, et c’est déjà le temps du déjeuner avant le dernier cours que nous allons donner de 14 à 15h, en sari ! Au milieu du cours Sister Rufina me demande tout gentiment : « Are you feeling good Ninou ?” :), (j’avais peut-être l’air un peu fatiguée juste après le repas) ce qui fait encore rire Marguerite : “tu vois que t’es sa chouchou !” :)

Puisqu’il n’y a rien qui puisse nous occuper à 1(h à l’hôpital, nous rentrons nous préparer pour une sortie à 16h à laquelle les sœurs nous ont conviées depuis lundi. Nous ne savons pas très bien de quoi il s’agira, seulement que ce sera une grande fête en rapport avec une école, et un couvent… Cependant nous sommes heureuses d’encore découvrir de nouvelles choses. A 16h précises les sœurs viennent nous chercher chez nous. Nous attendons toutes ensembles avec s. Haruna, s. Eveline, s. Seena et s. Julie l’arrivée d’un rickshaw. La première question que l’on se pose alors est : comment allons-nous toutes tenir dans un seul rickshaw qui habituellement ne comporte que 3 places ?! :) Question insoluble pour le moment… Puisque le rickshaw se fait attendre, je cours pour ma part aller avaler un smecta avant de partir :-$ (finalement on l’aura eu notre « choc culinaire »…) Marguerite vient juste après me chercher en courant : « on t’attend, on t’attend ! ». Malheureusement pour sister Seena (qui sert habituellement les césariennes) et sister Julie (infirmière anesthésiste qui, on le rappelle au passage, fait elle-même les rachi-anesthésies !), une césarienne en urgence vient d’être décidée, ce qui ne leur permet pas de venir avec nous. Nous montons donc finalement à 6 dans un rickshaw comportant deux banquettes, une tournée vers l’avant, l’autre vers l’arrière, séparées par un dossier. La route accidentée fournit bien des rebondissements surtout pour les filles qui sont à l’arrière (Maguie, Marie et Sonya), ce qui nous fait toutes bien rire, les sœurs y compris.

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Les sœurs avaient mis leur habit du dimanche : un sari de couleur saumon clair.

La route est finalement plus longue qu’on ne le pensait (5 km nous avaient été au départ annoncés par les sœurs) mais le trajet a bien dû durer 15 min. Ce qui n’est pas pour nous déplaire puisque de magnifiques paysages de la campagne du Karnataka s’offrent à nos yeux. En effet, cette fois, ce ne sont plus les vastes routes qui desservent les grandes villes que nous empruntons mais de petites routes escarpées qui nous conduisent de village en village.

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Devant nous, un autre rickshaw était encore plus chargé que le nôtre. ;)

 

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Vue de rizières

A notre arrivée, nous retrouvons avec surprise Gooldie (l’homme à tout faire de l’hôpital d’HD Kote) avec l’un de ses deux petits garçons. Nous apprenons de Sister Haruna qu’il est en fait originaire de ce petit village où il habite avec sa famille.

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Nous sommes chaleureusement accueillies par les sœurs du lieu (un autre couvent « jumeau » on pourrait dire de celui d’HD Kote qui fait partie de la même congrégation, les franciscaines ursulines) et notamment par sister Apolline que nous avions rencontrée pour la première fois le jour de notre arrivée et qui, nous l’avons appris aujourd’hui, est supérieure de la congrégation pour le District de Mysore. Celle-ci, après nous avoir présenté l’évêque, présent pour l’anniversaire des 50 ans du couvent célébré toutes la semaine, nous a invitées à prendre un petit goûter avec du thé au lait, de petits gâteaux cette fois au vrai chocolat :) ainsi que de bonnes crêpes fourrées (avec quelque chose qui ressemble un peu à de la cassonade qui contiendrait de la poudre d’amende :) ) qui ont régalé Marguerite.

Les sœurs que nous rencontrons ont-elles aussi plusieurs taches, sensiblement similaires à celles des sœurs d’HD Kote : la tenue d’une école, et d’un hôpital… D’ailleurs, nous apprenons que plusieurs sœurs d’HD Kote étaient auparavant dans ce couvent. (Sister Eveline, sister Concepta qui travaillaient à l’hôpital). Leur couvent semble très beau et un peu plus grand que celui que nous connaissons. La sœur fondatrice du couvent m’explique que dans les débuts aucune route ne désservait le couvent, et qu’elles ont pu, avec toute l’aide des amis de la communauté, aussi bien financière que matérielle, la construire petit à petit, morceau par morceau en quelques années. Elle a fait la réflexion qu’ils n’avaient reçu pour cela aucune aide de l’état, bien qu’aujourd’hui elle en soit la propriété.

Après une petite vaisselle individuelle, comme après chaque repas ici en Inde (vous l’avions-nous dit ? :) ), une autre sœur nous a ensuite invitées dans les jardins du couvent. Entre temps nous croisons une sœur très âgée, et pour cause, elle a plus de 100 ans (j’ai oublié son âge exact). Sister Haruna nous décrit le jardin et nous montre notamment les fondations et premiers mûrs d’une église en construction (!) avant de rejoindre la procession permettant à My Lord Antony (l’équivalent du « Monseigneur » français) de rejoindre le lieu du « spectacle ».

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Le départ du cortège se faisait juste en face d'une autre reproduction de la grotte de Lourdes (les catholiques indiens ont l’air de beaucoup l’aimer…)

Nous suivons la procession animée d’une petite « fanfare » avec des tambours et des sortes de trompettes retentissantes avant d’arriver au niveau d’un énorme chapiteau, un peu comme celui installé pour la fête de l’école mais en beaucoup plus grand, face à une scène décorée. Des pétards éclatent tout autour du chapiteau, près des gens ce qui nous fait d’abord penser que c’est une erreur, mais non, cela fait partie de la fête. Les sœurs nous conduisent sur les chaises les plus proches de la scène où nous retrouvons avec joie sister Concepta qui invite un homme à s’assoir au milieu de nous. Quand nous demandons à sister Concepta qui il est, elle nous dit : « Talk with him, you will see ». Ok, ok… :-D Il s’avérait en fait qu’il avait passé plus de 6 ans en France à Paris pour étudier la philosophie. C’était un prêtre retraité qui avait enseigné au séminaire de Mysore et qui continuait à donner des cours de français aux enfants de l’école sainte Pilomène de Mysore. Il était venu accompagner l’évêque pour cette fête pour tous les catholiques de la région. Il avait un français impeccable, sans accent, mais avait du mal à parler en raison de son âge.

A partir de 18h30, une fois le spectacle commencé, il nous a commenté en français et avec le sourire certains points particuliers, notamment qu’il y avait toujours de longues cérémonies pour mettre à l’honneur les personnes invitées, et que c’était toujours comme cela en Inde. Ce soir les invités les plus importants se trouvaient sur l’arrière de la scène. Beaucoup de personnes ont été invitées à venir recevoir un petit cadeau en remerciement de leur investissement dans une cause ou une autre liée à l’école, à l’hôpital ou aux communautés de la congrégation et de la région) : Pour tous c’était une belle écharpe et une couronne de fleur :) Sister Hilda elle-aussi y a eu droit.

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Sister Hilda

Après cette longue cérémonie, le « spectacle » à proprement parler a commencé, avec de nombreuses danses préparées par les enfants et jeunes étudiants, et entrecoupées par d’autres remises de récompenses et par une présentation vidéo retransmise sur grands écrans retraçant toute l’histoire de la fondation, l’intervention des prêtres missionnaires dont deux français. Il y a eu tout types de danses, aussi bien traditionnelles que beaucoup plus modernes, et on peut constater que les jeunes indiens dans ce domaine sont très expérimentés. Par ailleurs, certaines des danses nous paraissaient un peu incongrues, comme par exemple l’une d’entre elle sur la musique de Barby girl !! (Décidément, on sera toujours étonné par les indiens !)

Le son fonctionnait très fort (merci les boules Quies) et cela durait depuis déjà tellement longtemps qu’on commençait réellement à espérer que cela se termine. On a donc trouvé un stratagème… :) Vers 21h Sonya a demandé à sister Eveline si c’était bientôt fini, alors elle nous a demandé si on avait faim. Sonya a répondu que oui et qu’en plus elle devait se lever tôt le lendemain pour donner son premier cours aux étudiantes. Alors sister Eveline a quitté le spectacle, semble-t-il un peu à regret, pour nous conduire jusqu’à un buffet qui ressemblait un peu à celui du mariage où nous étions allées, souvenez-vous ;) Une fois terminé de manger, quelques sœurs d’HD Kote s’apprêtaient à repartir pour leur couvent dans un gros quatre-quatre et nous ont proposé de bénéficier du trajet. Les autres sœurs elles semblaient vraiment très heureuses de rester jusqu’au bout pour une telle fête qui ne doit pas se présenter souvent, alors on n’a eu aucun scrupule à monter dans la voiture.

C’est bien fatiguées et après une longue journée chargée et que l’on n’a encore pas vue passer que nous nous sommes couchées, après avoir tout de même commencé à regrouper nos affaires près de nos valises...

La suite et fin très bientôt ;)

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